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Résumé :
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Travailler en USP devient mortifère. C’est un autre monde. C’est baigner dans des séparations permanentes surtout quand il y a un attachement au patient et aux familles. Le deuil des soignants : non, ce n’est pas celui d’un être cher, mais alors de quel deuil s’agit-il ? – Le deuil de la vocation de guérir ? – Le deuil d’un accompagnement « idéal » ? – Le deuil d’une vocation mise à mal faute de temps, de moyens ? On est affecté, les soignants le sont, mais de quelle souffrance s’agit-il, de quel deuil ? Lors d’un groupe de parole, une psychologue annonce qu’elle change de service : Pourquoi ce départ ? Elle se met à pleurer, c’est trop dur de voir les patients jeunes mourir, d’accueillir l’effondrement des familles en deuil, d’être témoin de la souffrance de jeunes enfants bientôt orphelins de leur père, de leur mère. Elle ne pleure pas celui qui est mort, mais elle vit une identification/projection « c’est insupportable, on n’en peut plus de voir les gens mourir ». Deuil de l’insouciance. Deuil d’une vie immortelle, nos patients nous rappellent sans cesse que nous sommes mortels.
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