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Note générale :
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Cartonné
Qui sort la nuit et marche loin des réverbères ? Qui se cache derrière les rideaux de l’appartement du rez-de-chaussée ? Qui est énorme et fait peur aux enfants ? C’est l’ogre, bien sûr. Personne ne l’a vraiment vu. De lui, on ne connaît rien, juste son ombre. Les enfants du quartier jettent des cailloux contre ses fenêtres, s’amusent à se faire peur en approchant - pas trop tout de même - de son appartement. Et puis un jour d’été, tout devient lumineux. L’ogre, malade, est emmené par les pompiers et meurt. Reste un cahier découvert par le jeune narrateur, un peu plus audacieux et curieux que ses petits camarades. Y apparaît l’extrême solitude de ce locataire particulier, qui était un artiste, photographe et réalisateur. « J’aime cette peur que j’inflige car, sitôt après, ce sont leurs rires que j’entends. » Si pour exister et apporter un peu de joie aux autres, il faut être une sorte de monstre, alors ce locataire indésirable veut bien être « l’ogre ».
A la fois histoire pour faire battre un peu plus vite le cœur des enfants et conte de la vie moderne, ce nouvel album de Karim Ressouni-Demigneux redonne par la fiction une dignité à ceux qui sont mis à l’écart, observés avec hostilité. Il nous livre une histoire tendue, nous invitant à modifier notre regard. Inquiétantes, les formes dessinées par Thierry Dedieu reflètent l’aspect mi-humain, mi-animal du personnage central, tel que les enfants se le représentent.
A lire évidemment pour le plaisir, plutôt avec des G.S (et plus) mais aussi en contrepoint d'un travail sur l'ombre et la lumières, pour aborder les techniques de collages telles les ombres chinoises
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