Note générale :
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MONET, Nympheas, Période 1887-1920
Mouvement : Impressionnisme
Les grandes compositions de Nymphéas, dont les plus achevées sont celles que Claude Monet exécute peu avant sa mort pour le musée de l’Orangerie, constituent, en effet, selon le mot d’André Masson, la «Sixtine de l’impressionnisme», témoignant d’une liberté et d’une audace prodigieuses. Il réalise là, avec une démesure et une puissance étonnantes à plus de quatre-vingts ans, cette fusion totale du peintre et de la nature, en une vision panthéiste destinée à produire l’impression d’une plongée dans l’instantané, ou, pour employer le mot de Proust à son sujet, dans le «miroir magique de la réalité». Cette expression finale d’une contemplation rêveuse et hallucinée devant la nature est traitée avec toutes les audaces de l’«action-painting», pour exprimer un univers intérieur pourtant plus proche de celui de Debussy que de l’art qu’il annonçait. Quand Monet meurt, il est le dernier survivant de l’impressionnisme qu’il avait fondé, puis porté pendant un demi-siècle jusqu’à ses plus extrêmes limites.
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