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Résumé :
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La confrontation à un arrêt cardiaque (AC) chez une femme enceinte est toujours une situation délicate pour les praticiens, du fait des implications foetales et de la rareté de l’événement. Une conduite à tenir spécifique est nécessaire, particulièrement après le début du deuxième trimestre, compte tenu des modifications anatomiques, hormonales et métaboliques induites par la grossesse. Lors de la réanimation cardiopulmonaire (RCP) de base, les secouristes doivent récliner l’utérus vers la gauche, pour éviter la compression aortocave par l’utérus gravide, et masser en plaçant les mains assez haut sur le sternum. Le défibrillateur automatisé externe (DAE) doit bien sûr être utilisé, mais nous conseillons un placement des électrodes en position antéropostérieure. Les modifications de la RCP médicalisée concernent essentiellement la protection des voies aériennes, qui doit être précoce et réalisée en utilisant une sonde d’intubation d’un calibre inférieur de 0,5 à 1 mm, à celui qui serait utilisé pour une femme non enceinte de même corpulence. Les indications médicamenteuses et l’algorithme général restent les mêmes que dans la population générale. La césarienne perimortem, bien qu’il semble qu’elle augmente la survie maternelle et foetale, est une option réservée au milieu spécialisé. Pour être efficace, elle doit, en effet, être réalisée dans les cinq minutes suivant l’AC maternel. En post-AC immédiat, les indications thérapeutiques sont les mêmes que dans la population générale, y compris en ce qui concerne l’hypothermie thérapeutique.
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