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Résumé :
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Selon « la démocratie inachevée », le régime d’experts et l’émergence des think tanks partagent en commun une double influence : celle du néolibéralisme et celle des critiques contemporaines de la société démocratique. Or, cette double influence ne procède ni d’une conception scientiste de l’économie ni d’un refus technique du pluralisme politique. Le néolibéralisme n’est pas seulement une idéologie économique, mais aussi un type de régime et de justification politique reposant sur un idéal de gouvernement rationnel, fût-il géré par l’action pastorale de la « nouvelle gouvernance » ou par l’action régulatrice des experts. C’est en ce sens que les défenses contemporaines d’une démocratie dite "réflexive" ou d’"intermédiaires" l’alimentent paradoxalement. Au-delà de leurs divergences réelles, chacun de ces deux discours se caractérise en effet par un rejet commun du principe central de ce que doit être un régime démocratique : un régime légitime dont le titre à gouverner est indéterminé et à la définition duquel chacun de ses membres peut participer.(Extrait de la Revue Nouvelle, numéro 10, octobre 2012, p.64)
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