| Titre : | Dystocie des épaules : recommandations pour la pratique clinique ? Texte court (2016) |
| Auteurs : | Loïc Sentilhes ; M-V. Sénat ; Anne-Isabelle Boulogne |
| Type de document : | Article : texte imprimé |
| Dans : | La Revue Sage-Femme (2, mai 2016) |
| Article en page(s) : | p. 84-91 |
| Langues: | Français |
| Sujets : |
Paramédical (MeSH) Césarienne ; Complications du travail obstétrical ; Dystocie ; Épaule ; Extraction obstétricale ; Guide de bonnes pratiques |
| Résumé : |
Objectif
Déterminer les mesures permettant de prévenir et traiter la dystocie des épaules pour tenter de diminuer la morbidité néonatale et maternelle associée. Matériel et méthodes Consultation de la base de données Medline, de la Cochrane Library et des recommandations des sociétés savantes françaises et étrangères. Résultats La dystocie des épaules est définie par le recours à des man?uvres obstétricales autres que la traction douce de la tête ou la man?uvre de restitution pour dégager les épaules f?tales et complique 0,5 à 1 % des accouchements par voie basse. Elle augmente le risque de lésion du plexus brachial (NP3), de fracture de la clavicule (NP3) ou de l'humérus (NP3), d'asphyxie périnatale (NP2), d'encéphalopathie anoxo-ischémique (NP3) et de mortalité périnatale (NP2). Ses facteurs de risque principaux sont l'antécédent de dystocie des épaules et la macrosomie f?tale, mais ils sont peu prédictifs, 50 % à 75 % des dystocies des épaules survenant en leur absence. De plus, la très grande majorité des accouchements en présence de ces facteurs de risque ne donnent pas lieu à une dystocie des épaules. Il n'existe pas de preuve directe qu'agir sur ces facteurs réduise le risque de dystocie des épaules, sauf pour le diabète gestationnel. L'activité physique est recommandée avant et pendant la grossesse pour réduire la survenue de certains des facteurs de risque de dystocie des épaules (grade C). Chez les patientes obèses, cette activité physique devra être couplée à des mesures diététiques afin de réduire la macrosomie et la prise de poids pendant la grossesse (grade A). En cas de diabète gestationnel, une prise en charge du diabète est recommandée (régime diabétique, surveillance glycémique, insulinothérapie si besoin) (grade A) car elle réduit le risque de macrosomie et de dystocie des épaules (NP1). En cas de suspicion de macrosomie f?tale, un déclenchement du travail sera d'autant plus à privilégier que les conditions locales seront favorables et le terme proche de 39 SA (accord professionnel). En cas de conditions locales favorables et à partir de 39 SA, un déclenchement du travail est encouragé (accord professionnel). Une césarienne devrait être réalisée avant travail en cas d'estimation de poids f?tal supérieure à 4500g chez la patiente diabétique (grade C), d'estimation de poids f?tal supérieure à 5000g chez la patiente non diabétique (grade C), et pendant le travail, en cas de suspicion de macrosomie et de non-progression lorsque la présentation n'est pas engagée ou engagée seulement partie haute (grade C). En cas d'antécédent de dystocie des épaules associée à des complications néonatales ou maternelles sévères, une césarienne pourra être envisagée à la grossesse suivante (accord professionnel). En cas de dystocie des épaules, il est recommandé de ne pas tirer de façon excessive sur la tête f?tale ni vers le bas, ni latéralement (grade C), de ne pas réaliser d'expression utérine (grade C) et de ne pas réaliser de rotation paradoxale (accord professionnel), mais de réaliser dans un premier temps la man?uvre de McRoberts associée ou non à une pression sus-pubienne (grade C). En cas d'échec, si l'épaule postérieure est engagée, la man?uvre de Wood inversée est réalisée de façon préférentielle ; si l'épaule postérieure n'est pas engagée, la man?uvre de Jacquemier est réalisée de façon préférentielle (accord professionnel). Il semble nécessaire de connaître au moins deux man?uvres de deuxième intention pouvant permettre de prendre en charge une dystocie des épaules non résolue par la man?uvre de McRoberts (accord professionnel). Le pédiatre doit être informé immédiatement en cas de survenue d'une dystocie des épaules (accord professionnel). L'examen clinique initial du nouveau-né devra rechercher systématiquement une paralysie du plexus brachial ou une fracture de la clavicule ou de l'humérus (accord professionnel). En l'absence de complication, la surveillance du nouveau-né en suites de couches sera habituelle (accord professionnel). La mise en place d'une formation spécifique par simulation de l'ensemble des soignants de salle de travail est associée à une diminution significative du taux de lésions du plexus brachial (NP3) sans diminuer la morbidité maternelle d'un accouchement compliqué d'une dystocie des épaules (NP3). L'enseignement par simulation pour la prise en charge de la dystocie des épaules est encouragé pour la formation initiale et continue des différents acteurs de la salle de naissance (accord professionnel). Conclusion La dystocie des épaules reste une urgence obstétricale non prévisible. Les man?uvres doivent être connues des praticiens effectuant des accouchements et réalisées rapidement mais sans précipitation. |
Exemplaires (1)
| Localisation | Section | Support | Cote de rangement | Statut | Disponibilité |
|---|---|---|---|---|---|
| Bibliothèque Paramédicale | Périodiques | Périodique | La Revue Sage-Femme. 20 16-2 | Empruntable | Disponible |



