Résumé :
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Introduction : Le manque d’autonomisation et la pauvreté dans laquelle vivent les femmes et les filles restent des facteurs qui perpétuent les violences au sein de la société. L’objet de cette étude est d’analyser les perceptions des populations sur les violences faites aux femmes et aux filles au Sénégal. Méthode : Une étude analytique qualitative a été menée, du 10 avril au 9 mai 2017, sur l’ensemble des 11 régions du Sénégal disposant d’un tribunal de grande instance (TGI). Les participants étaient représentés par les victimes au nombre de 86, 11 procureurs des TGI, 23 chefs de services des urgences et 23 chefs de services gynécologiques. Des entretiens individuels ont été effectués. L’analyse du contenu étayée par une analyse thématique a été menée avec le logiciel Iramuteq. Résultats : Par rapport aux agressions sexuelles, le sentiment qui domine chez les victimes est celui de la perte d’une chose précieuse qui est l’hymen. Selon les prestataires, les victimes éprouvent des difficultés à honorer la facture concernant l’établissement du certificat médical. Selon les procureurs, la gestion des preuves est une grande entrave pour la prise en charge judiciaire des victimes. Conclusion : La domination de l’agresseur pousse ce dernier à utiliser des menaces pour contraindre la victime à la non-dénonciation. En effet, en matière de coercition sexuelle, la pression physique ou verbale pour avoir des relations sexuelles figurent parmi les gestes les plus fréquemment notés à cet égard. Il importe aux autorités sanitaires et judiciaires de mettre en œuvre un plan de lutte contre les violences, axé essentiellement sur la communication, en vue d’amener les populations à connaître les droits et la place qu’occupent les femmes au sein de la communauté.
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