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Résumé :
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Les équipes de soins palliatifs – médecins, infirmières, aide-soignantes, psychologues, bénévoles – croient savoir, elles aussi, ce qu’est le temps. Pourtant, si on les interroge, pas plus que Saint Augustin, elles ne sont capables ni de l’expliquer ni d’exprimer la façon dont elles le vivent. Pourtant, quoi de plus important pour elles que ce temps qui reste ? Temps qui reste à vivre et à rester présent au monde pour leur malade, temps qui reste aux soignants pour le rendre le moins douloureux et le plus apaisé possible, temps qui reste aux proches et aux familles pour préserver et parfois construire avec leur mourant une bulle d’amour, temps qui reste aux bénévoles d’accompagnement pour donner du sens à ce « vivre encore avec » qu’ils essaient d’instaurer. Cette clarification est d’autant plus difficile pour les équipes, que, tentant d’y réfléchir, elles réalisent qu’en plus des difficultés décrites par Augustin, elles comprennent que chacun des acteurs entend par « temps qui reste » des notions et des affects tout différents.
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