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Résumé :
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Où trouver du personnel ? Cette question sans réponses occupe le quotidien des professions infirmières et aides-soignantes en pénurie. Les différentes crises chez les infirmières, crise de la formation, crise du recrutement, crise de la fidélisation, des conditions de travail s’emboitent les unes aux autres. Les étudiant·es infirmier·es qui vont au bout de leurs formations se font rares, le recrutement est difficile pour les institutions de soins et le personnel infirmier en poste est à haut risque de burn-out. Parallèlement, la population vieillit et a besoin d’aide face aux difficultés physiques et mentales de la vie. Les soins à domicile au vu du virage ambulatoire concentrent d’ailleurs de plus en plus de soins. Additionner ces besoins de soins, incompressibles, avec les conditions de travail actuelles des professionnel·les noircissent le futur. L’objectif de cette étude est de mieux cerner la problématique de la pénurie en la chiffrant et en identifiant ses causes et conséquences. Pour ce faire, une extraction des données de la MC montre la croissance des besoins dans le secteur des soins à domicile et une enquête menée par l’IEFH auprès de 1.200 infirmier·es et aides-soignant·es révèle les liens entre l’intention de quitter l’emploi et/ou la profession infirmier·e au regard de plusieurs difficultés : la violence, l’impossibilité de réaliser certains soins, ou le conflit travail-famille dans des secteurs essentiellement féminins. Pour comprendre plus largement le problème, le prisme du care est aussi sollicité. La pénurie des infirmières s’inscrit dans la souffrance de nombreux métiers du care. Aux racines de cette crise, n’y a-t-il pas une crise plus profonde de notre incapacité à valoriser ‘le prendre soin d’autrui’ dans un système profondément individualiste ? Comme si, les mythes du succès et de l’autonomie occultaient un peu trop nos vulnérabilités humaines fondamentales. Les résultats de cette étude montreront que le cœur du métier infirmier est empêché (manque de temps, de présence, d’accompagnement humain) ce qui alimente la désertion d’un métier que l’on fait justement avec cœur.
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