| Titre : | L’inconstance des désirs : obstacle ou soutien de l’attention soignante ? (2025) |
| Type de document : | Article : texte imprimé |
| Dans : | Jusqu'à la mort accompagner la vie (163, décembre 2025) |
| Article en page(s) : | p. 67-78 |
| Note générale : |
Cet article fait partie du dossier « Variations sur le thème du désir ».
DOI https://doi.org/10.3917/jalmalv.163.0068 |
| Langues: | Français |
| Sujets : |
Paramédical (MeSH) Attitude du personnel soignant ; Confusion ; Empathie ; Incertitude ; Philosophie ; Pratique professionnelle ; Pulsion ; Rôle professionnel |
| Résumé : | « On aimerait peut-être, laissant en suspens qui est ce « on » – on devine que les approches néolibérales du travail sont ici visées – que les professionnels du soin comme les soignés pensent, agissent et vivent avec constance, dans des relations apaisées. Pour ce faire, on ne travaille pas avec l’inconstance des personnes mais plutôt contre cette dernière. Les soucis managériaux de coordonner les soignants pour assurer la continuité du service de soin, la rationalisation des procédures du travail rendu prévisible et la chasse aux sautes d’humeur comme étant des événements indésirables en contextes de soin font de l’inconstance non une réponse à la qualité du soin, mais un problème. Il n’y aurait rien à entendre ni à comprendre de l’inconstance des désirs en milieu soignant sinon que ce sont des états d’âme sur lesquels on ne devrait pas à avoir à s’attarder. Mais pourquoi et pour qui l’inconstance serait-elle un défaut et la constance une vertu ? Quelle idée se fait-on de ce qu’est une vie pour que l’on s’inquiète, s’alarme, voire s’emporte contre l’inconstance dévisagée comme une « insoutenable légèreté » de l’existence ? L’inconstance est-elle si légère, pour que la constance soit du côté du lesté, de l’assuré, de l’immuable et donc d’une garantie de la fiabilité ; de ce dont on est sûr de toujours trouver en place à sa place ? Peut-être que la constance serait le nom donné à notre besoin de stabilité et à notre volonté de maitrise à l’égard des débordements de l’humeur, de l’ébranlement incessant du monde – la « branloire pérenne » de Montaigne – et des variations émotionnelles qui peuvent envahir et, de façon délétère, violenter les vies intérieures, les relations et leur organisation. Mais tout cela porte toutefois une sourde inquiétude. Il y a dans la constance et son excessive prévisibilité quelque chose qui questionne eu égard à ce que nos vies engagées dans le temps portent d’imprévisible. La constance risque de se figer dans un cadavérique immobilisme là où l’inconstance accentuerait sa dimension de vitalité, la vitalité du « travail vivant » dirait Christophe Dejours qu’analyse la psychodynamique du travail. Faut-il en conclure : à la constance, la mort ; à l’inconstance, la vie ? Une telle opposition est sans doute sommaire et brutale. Mais elle alerte. On peut trop vite moraliser et rejeter l’inconstance, la tirant du côté de l’infidélité, du manque de persévérance, voire de la tromperie... » |
| En ligne : | https://shs.cairn.info/revue-jusqua-la-mort-accompagner-la-vie-2025-4-page-67?lang=fr |
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